La pêche à l’électricité se pratique à l’aide d’un appareil appelé le Héron ou dans sa version portative le Martin Pêcheur. C’est un appareil autonome fonctionnant sur groupe électrogène. Le principe de la pêche électrique est de créer un champ électrique dans l’eau entre les deux électrodes (la cathode et l’anode) qui va agir sur les poissons.
Le champ électrique créé autour de l’anode est actif sur une zone d’environ 1,50 à 2 mètres, c’est la zone dite « attractive » ou « efficace ». Les poissons qui vont se trouver dans cette zone vont réagir face à ce courant électrique. En effet, le poisson possède un système nerveux composé d’un système nerveux central (le cerveau), d’une voie sensitive (qui permet au poisson d’avoir des sensations) et d’une voie motrice (qui commande au poisson de bouger en fonction de ce qu’il ressent par la voie sensitive). Or, les messages nerveux qui transitent dans ce système nerveux sont des flux électriques qui sont modifiables par la pêche électrique. Par la pêche, le poisson est d’abord inhibé (il s’arrête de nager), puis la voie motrice est excitée, et le poisson subit une nage forcée en direction de l’anode.
La pêche électrique se pratique à pied, en remontant les rivières de façon à ce que l’eau reste claire devant le pêcheur. En général, ce type de pêche se pratique dans des zones où l’eau est peu profonde et courante. Au moins trois personnes sont nécessaires, l’une d’entre elles porte l’anode, les autres se tiennent en aval du pêcheur avec des épuisettes. Le pêcheur perturbe les animaux grâce à l’électricité et ces derniers sont ramenés jusqu’aux épuisettes par le courant.
Les espèces capturées sont ensuite identifiées, elles peuvent être mesurées et pesées. Dans certains cas, un morceau de tissu peut-être prélevé, comme un morceau de nageoire, pour des études génétiques ultérieures. Les poissons sont ensuite remis à l’eau.
En effectuant plusieurs passages sur un même secteur de rivière, il est possible de connaître la totalité des espèces présentes. Cette méthodologie présente certains avantages :
Les crustacés ressentent l’électricité comme un danger et adoptent un comportement de fuite, ils nagent alors en marche arrière et fuient en général dans l’épuisette.
Cette technique d’échantillonnage par pêche à l’électricité est sans danger pour les populations piscicoles. Grâce à elle, l’équipe de la Fédération a pu dresser des inventaires de ces populations dans le cadre des plans de gestion ou des états initiaux avant travaux de restauration.
Ce procédé permet aussi aux agents de la Fédération de retirer des espèces nuisibles du milieu ou encore de pratiquer des pêches de sauvetage (souvent dans les canaux et les écluses) afin de récupérer un maximum de sujets avant travaux ou abaissement conséquent du niveau d’eau.