Les autres carnassiers

Ils auront souvent boudé en été aux leurres proposés par les pêcheurs, les bancs de friture étant très abondants. En octobre les alevins se cachent, se nourrissent moins, ce qui obligent nos prédateurs carnassiers à sortir de leur torpeur estivale et le pêcheur à s’adonner à la pêche du bord ou en bateau avec beaucoup plus de confiance.
Sandres, brochets, perches, chevesnes, aspes, mais aussi silures occupent des espaces écologiques qui leur sont propres. Les fosses pour les sandres et les silures, ces derniers ayant une facheuse tendance à manger et réduire les populations des premiers.
Le vif avait la préférence des pêcheurs mais leur relacher étant souvent délicat voire impossible, de nouvelles formes de pêche ont supplanté le vif comme les leurres de taille imposante ou la pêche au streamer qui prend toujours le poisson par la gueule, l’hameçon piqué dans le palais.
Le silure, le monstre des rivières dont nous avons déjà parlé est synonyme de casses mais aussi de prises record. Il ne faudrait pas cela fasse disparaître sandres et brochets, carnassiers endémiques avec la perche.
La rivière Moselle n’est pas la seule à voir ces pêches et cela concerne aussi bien les plans d’eau du pays de Sarrebourg mais aussi les gravières et toutes nos autres rivières et canaux de deuxième catégorie qui sont l’essentiel de notre ressource.
Les alevinages de carnassiers doivent être repensés en fonction de chaque site et des prélèvements réalisés, mais aussi des frayères existantes ou à créer, la reproduction naturelle s’avérant toujours meilleure que ces sujets adultes qui nous viennent trop souvent d’Europe de l’Est.
A signaler une nouvelle forme de pêche qui fait fureur à Londres ou à Paris “le street fisching” ou comment pêcher en ville quand on a une petite heure pour lancer leurres ou streamers , qui s’apprend aussi vite que la pêche au coup. On reviendra sur ces nouvelles appoches qui demandent quelques aménagements de rives et de berges et permettre aux amateurs de remettre le poisson délicatement à l’eau.
Ce que veulent les jeunes comme les autres c’est prendre de beaux poissons en grand nombre si possible. Cela devient possible d’autant que le colportage ou la vente des carnassiers mais aussi des autres poissons est interdite, et passible d’amendes conséquentes.
Le plaisir de la pêche, une meilleure image , plus jeune plus féminine, plus familiale, fait que nous passons impercetiblement à autre chose où les handicapés auront leurs parcours et leurs postes de pêche comme les autres et où les pêcheurs trouveront un parking sécurisé comme ceux qui pratiquent le vélo sur les chemins de hallage... Ce qui signifiera que le pêcheur sera aussi bien considéré que les autres , d’autant que souvent c’est le seul payeur comme utilisateur de la voie d’eau domaniale.