Le No-kill
No-kill est devenu le nom désignant cette pratique en France, suite à une adaptation imagée et
plus explicite du terme « catch and release ».
En France, les pêcheurs de carpe et les pêcheurs à la mouche sont les pratiquants les plus actifs.
La pratique du no-kill enlève totalement à la pêche sa fonction alimentaire et recentre cette
activité sur la pêche en tant qu'activité sportive de plein air, ainsi que sur le respect du
poisson et du milieu.
Généralement, le no-kill a des effets bénéfiques sur les populations de poisson, et peut donc
être utilisé comme un outil réglementaire de gestion des populations piscicoles. Une étude
canadienne a montré que le taux de survie des poissons pêchés aux leurres artificiels et relâché
est d’environ 97%.
Afin de ne pas blesser les poissons, les pratiquants du no-kill écrasent les ardillons des
hameçons et privilégient les hameçons simples sur les hameçons doubles ou triples.
En outre, le maintien du taux de survie des poissons implique de manipuler celui-ci avec
précaution, à l'aide d'un matériel permettant de le prendre suffisamment vite, pour qu'il ne soit
pas trop fatigué pour être remis à l'eau avec de bonnes chances de survie.
Il est ainsi courant de ne pas sortir le poisson de l'eau et d'utiliser une épuisette.
En France le nombre de « parcours no-kill » (parcours où la pratique du no-kill est obligatoire)
est en hausse, sans pour autant atteindre le nombre où le linéaire (moyen ou cumulé) des grands
pays de pêche sportive.
Pourquoi pratiquer le No Kill ?
Très simplement, parce que celui-ci permet de garder un cheptel abondant ou encore de pouvoir
pêcher plusieurs fois le même poisson, ou de laisser le temps aux poissons de pouvoir au moins
se reproduire. C'est surtout et avant tout le respect du poisson comme un véritable partenaire.
Les limites du No-kill ?
Dû point de vue du milieu aquatique, il est préférable de pratiquer la pêche raisonnée que le
No-kill à 100%. En effet, il faut laisser le temps aux espèces de se reproduire et croître donc
la pratique du No-kill. Cependant pour maintenir l’équilibre de l’écosystème et accroitre le taux
de reproduction il est parfois nécessaire de recourir à des prélèvements occasionnels des gros
sujets et de freiner l’expansion de certaines espèces qui se fera forcément au détriment des
autres. Cela doit se faire localement au niveau de chaque écosystème et spécifiquement.
De plus, lorsque le poisson est trop blessé, le relâcher serait lui prolonger son agonie et sa
souffrance.
En outre, sur les lots des associations plus soucieuses du nombre de cartes vendues que de la
protection du milieu aquatique, le No-kill dans les semaines qui suivent les empoissonnements
massives de poissons surdensitaires serait une hérésie. En effet cet apport de poissons va
déstabiliser la chaine alimentaire et donc le milieu aquatique. Le No-kill pourra être réalisé
par les véritables amoureux de la Pêche dès que les « viandards » auront pris leurs quotas de
surdensitaire.
Dans les étangs, le No-kill doit être appliqué et suivi avant la frai pour permettre la
reproduction la plus importante puis une pêche plus raisonnée sera alors à appliquer.
Le No kill en tant que véritable philosophie
Pour certains le No-kill est plutôt une véritable philosophie qui se résume par les mots suivants :
« TOTAL RESPECT du poisson mais aussi de la NATURE ».
Respect du poisson :
par le matériel utilisé (sans ardillons), épuisette,
méthode de relâcher,
les soins ou l’action d’abréger son agonie si nécessaire.
Respect de la Nature :
propreté de son lieu de pêche (ne pas laisser de détritus et ramasser les poubelles des
autres),
non dégradation du milieu (exemple : pas de coupe de branche pour se faire un poste mais
qui retire un emplacement d’ombre et de fraicheur, pas de retrait de souche pour ne plus
s’accrocher mais qui apporte nourriture et habitat à la faune aquatique,…),
maintien de l’équilibre de la chaîne alimentaire.
Le respect du poisson, c'est avant de ne pas le tuer, surtout de ne pas le blesser et de le laisser vivre dans les meilleures conditions possibles.